Un constat
En France, la vigne occupe environ 3 % de la surface agricole utile (SAU), mais elle concentre à elle seule environ 20 % de l’utilisation totale des pesticides en agriculture.
Cela signifie que la viticulture est l’une des cultures les plus consommatrices de pesticides par hectare, bien que sa surface cultivée soit relativement faible par rapport à d’autres cultures comme les céréales ou le maïs
La viticulture biologique en France en 2026 : un essor remarquable face aux défis
La France, terre de vignobles prestigieux, confirme en 2026 sa place de leader européen en viticulture biologique. Avec 22 % de ses surfaces viticoles désormais conduites en bio, le pays illustre une transition agroécologique sans précédent dans un secteur historiquement très dépendant des intrants chimiques. L’Occitanie, première région viticole de France, concentre à elle seule plus de 55 000 hectares de vignes en bio, soit 35 % des surfaces nationales certifiées biologiques.
Des vignerons engagés, des défis persistants
Les témoignages recueillis lors du salon Millésime Bio 2026 révèlent une filière en pleine mutation.
Vincent Ravaut, vigneron en Bourgogne, souligne l’importance des rencontres et des échanges pour faire connaître les vins bio : « Tous les contacts sont bons à prendre. On retrouve des copains vignerons avec qui on partage les mêmes valeurs. ».
Fanny Barthélémy, consultante en communication, insiste sur le rôle des vignerons comme « passeurs d’histoires » : « Quand on montre concrètement ce qui a été mis en place, ce qui a marché, ce qui a raté, on donne envie, on rend crédible. C’est ça qui construit la confiance. ».
Pourtant, la filière doit relever plusieurs défis majeurs. La réduction des quantités de bouillie bordelaise (cuivre) autorisées, un fongicide naturel indispensable pour lutter contre le mildiou, menace la viabilité économique de nombreuses exploitations.
« La viticulture biologique est un pilier de notre transition agroécologique, mais sans alternatives viables, beaucoup d’exploitants risquent de ne pas pouvoir continuer », alerte un rapport sénatorial.
Un marché en croissance, une économie résiliente
En 2026, la viticulture biologique française pèse près de 22 % du vignoble national, avec une valeur marchande estimée à plus d’1 milliard d’euros pour les vins bio commercialisés. Les exploitations bio affichent généralement un niveau de rentabilité économique équivalent, voire supérieur, à celui des structures conventionnelles, malgré des rendements parfois plus faibles. « En dépit d’un endettement plus élevé, les exploitations bio sont performantes à l’échelle de l’unité de production », note une étude de l’Insee.
La filière viticole française, toutes productions confondues, génère 92 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 500 000 emplois directs et indirects, faisant d’elle un pilier de l’économie rurale et touristique.
La France, leader européen du vin bio
Avec 21,7 % de son vignoble en bio, la France devance l’Italie (15 %) et l’Autriche (14 %), confirmant sa place de premier vignoble biologique d’Europe.
« La France est un modèle en matière de viticulture biologique, mais elle doit continuer à innover pour préserver son avance », souligne l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV).
Les régions Occitanie, Languedoc-Roussillon et Nouvelle-Aquitaineconcentrent l’essentiel des surfaces bio, grâce à des conditions climatiques favorables et un engagement historique des vignerons.
Vers une viticulture toujours plus durable
Face aux enjeux climatiques et réglementaires, les vignerons bio misent sur l’innovation : réduction du cuivre, biodynamie, agroécologie et circuits courts.
« On ne peut plus se contenter de traiter, il faut repenser tout le système », explique un vigneron champenois lors du Congrès Viticulture 2026.
Le salon Millésime Bio, qui a réuni 1 400 exposants en 2026, reste le rendez-vous incontournable pour découvrir ces innovations et renforcer les liens entre producteurs et consommateurs.
Un avenir prometteur, à condition de surmonter les obstacles
La viticulture biologique française prouve qu’il est possible de concilier performance économique, respect de l’environnement et attentes des consommateurs.
« Le vin bio qui donne envie d’être acheté en 2026 est celui qui parvient à réunir une histoire, des pratiques agroécologiques et un lien direct avec le vigneron », résume une étude de l’ObSoCo.
À l’heure où les attentes sociétales en matière de durabilité n’ont jamais été aussi fortes, cette filière incarne une voie d’avenir pour l’ensemble de l’agriculture française.
Pour aller plus loin
- Découvrez les témoignages de vigneronset leurs innovations sur Millésime Bio 2026 https://www.millesime-bio.com/fr/revue-de-presse.
- Consultez les chiffres clésde la filière sur Vin & Société https://www.vinetsociete.fr/etude/retombees-economiques-sociales-filiere-vigne-et-vin-france/.
- Explorez les comparaisons européennessur le site de l’OIV https://www.oiv.int/fr/viticulture/la-viticulture-biologique-gagne-du-terrain.
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